Estime de soi

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Estime du latin « oestimare », « évaluer ». Nous avons là un sens double : « déterminer la valeur de », et, «  avoir une opinion (favorable) de quelque chose, de quelqu’un 

Le Grand Robert de la langue française : Détermination faite par quelqu’un d’une qualité. Sentiment favorable né de la bonne opinion  qu’on du mérite, de la valeur de quelqu’un.

Dictionnaire philosophique d’André Comte-Sponville : C’est un respect particulier : non celui que l’on doit à tout être humain, Mais qu’on réserve à ceux qu’on juge les meilleurs, tant que leur valeur ne passe pas la norme commune ou la nôtre (auquel cas ce n’est de l’estime mais de l’admiration) Je peux estimer  sans aimer. Mais comment estimer celui ou celle que je méprise.

Synonymes : Appréciation. Considération. Valeur.

Contraires : Dédain. Déconsidération. Mépris. Mésestime.

Par analogie : Analyse. Auto suffusance. Bonne opinion. –  Ça – moi – surmoi. Conscience. Dignité.  Évaluer. Examen de conscience. Fidélité. Fierté. Introspection. Jugement. Opinion. Lucidité. Morale. Respect. Surmoi. Valeur. Vertu.

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 « On se sent très fort quand on ne triche pas » (Les yeux jaunes des crocodiles)

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Estime de soi-même : Juste opinion de soi que donne une bonne conscience  
Estime de soi qui passe par l’estimation, soit mesurer, sans complaisance excessive, ses qualités, ses défauts, ses atouts. C’est juger de ses actes en regard de soi, comme en regard des autres ; cela s’appelle aussi introspection, analyse. Cette estime de soi est basée sur des critères de jugements de valeur très divers : sur le talent, la volonté, la gentillesse, la patience, et aussi comme le développe Kant de la bonne volonté
Se surestimer est de la présomption, et parfois au bout de la présomption, il y a un précipice.  
Cette notion d’estime, d’autrui, comme de soi, est intrinsèquement liée au sentiment de dignité, intrinsèquement lié concernant sa propre personne à la conscience. La dignité de soi est liée à des exigences morales, qui font qu’on perd cette estime de soi dès lors qu’on s’en affranchit.
Si je ne suis pas en paix avec moi-même j’ai du mal avec l’estime de moi.
Nous retrouvons là cette exigence du surmoi freudien, du petit juge, qui a ses exigences quand à notre comportement vertueux, c’est-à-dire, suivant l’expression, « pouvoir se regarder en face »,
L’estime de soi peut nous amener à des contraintes, en effet, je peux avoir le désir d’agir à ma guise, de ne pas respecter des règles, mais je m’expose au jugement défavorable des autres, la perte de leur estime, qui va entraîner conséquemment ma propre estime de moi. C’est avouer en fait que l’estime de soi passe par le regard des autres. (uLis)

Si l’estime se mesure à la situation sociale, à la richesse, alors nous sommes dans l’estimation au sens économique du terme, « 0 combien estimez vous ce cheval ? » (Luis)

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« Sois fidèle à toi-même, il s’en suivra que tu ne seras faux à personne » (Shakespeare. Hamlet)       

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Il peut y avoir dans l’estime de soi et l’estime des autres un effet de balance : trop d’estime de soi peut se traduire par moins d’estime d’autrui. Mais il n’est pas d’estime d’autrui sans un minimum d’estime de soi. Comment croire en soi si on croit pas aux autres, et inversement.

Pour la plupart d’entre-nous, l’estime de soi est liénaux règles morales, ce que nous nommons aussi parfois, vertus. Mais il arrive que des invididus,parfois, se fixent lmeurs propres règles, et que les fin qu’ils se sont fixé, justifient les moyens qu’ils vont utiliser.
L’estime de soi, est ce délicat équilibre entre ne pas se surévaluer, ne pas tomber dans les pièges de l’ego, ne pas être dans l’auto satisfaction ce qui risque de nous faire perdre l’estime que nous portent les autres, laquelle reste indispensable à cette indispensable estime de soi.
Se connaître, être en capacité de se juger soi-même, sans complaisance, sans se mettre la part trop haute, et sans se sous-estimer, quel difficile exercice.
Nous ne sommes pas les mieux placés pour nous connaître, et de là porter jugement. Nous sommes tout à la fois les mieux placés, car nous savons, nous connaissons de nous ce que d’autres ne peuvent savoir ; en revanche, les autres ayant le recul que nous n’avons pas voient chez nous des aspects que ne soupçonnons même pas parfois. 

   Dans la démarche de Kant, l’estime de soi, liée au sentiment de dignité de soi, est lié , non pas à la réussite ou la non réussite de ce qu’on a entreprit, mais en rapport avec la bonne volonté mise en œuvre pour atteindre ces objectifs. Rappelons que chez es perfectionnistes, l’objectif est presque toujours hors de portée.  (Luis)

Dans les trois instances directives qui selon Freud constituent la conscience, nous avons :

1° Le « ça », le pulsionnel en nous, l’instinct……

2° Le « moi », celui qui prend conscience, qui contrôle, en quelque sorte le pilote dans l’avion

Et enfin 3° Le « surmoi » : Lequel évalue, juge, prend conscience, peut culpabiliser le Moi, l’amener au regret, au remord, au repentir.

    Le Surmoi procède à « l’examen de conscience », il pose « des cas de conscience », il donne la « bonne ou mauvaise conscience », il est « la voix de la conscience ». Il rappelle les règles de morale, il est la conscience morale. Le Surmoi est « le petit juge du tribunal de la conscience ».

   Il est certain qui celui est atrophié du surmoi on peut avoir une très haute estime de soi.

« La personnalité est la dynamique des relations entre le sujet et les autres. Dans le sujet, Le Moise constitue par rapport à l’idée que les autres se font de lui. La formation du Moi comprend différents éléments ; l’image que se fait le sujet dans sa manière d’apparaître aux autres, l’image qui ressort du jugement sur ce mode d’apparaître, et les sentiments d’orgueil ou de dépréciation de soi qu’il en résulte ».                     (Charles Horton Cooley. 1864/1929. USA)

« La lucidité, c’est enfin se connaître comme on est, c’est souvent décevant ; La lucidité bien ordonnée commence par soi-même, tel est le secret de l’humilité ».  (André Conte- Sponville)

« Quiconque c’est bien rendu compte de ses bonnes qualités et de ses ressources, comme de ses défauts, et de ses faiblesses, qui conque c’est là-dessus fixé son but et a pris parti de ne pouvoir atteindre le reste, s’est par là mis à l’abri, d’autant que le permet sa nature personnelle, du plus cruel des maux : le mécontentement de soi-même, suite inévitable de toute erreur, qu’on fait dans le jugement de sa propre nature, de toute vanité déplacée, et de présomption, fille de la vanité.  (Le monde comme volonté et comme représentation. Schopenhauer) C’est tout à la fois s’en tenir au précepte « connais-toi, toi-même » à se conquérir soi-même, oser le réalisme, se regarder en face, se juger, sans faux fuyant, et sans préjuger…..

Hobbes disait dans Léviathan : « Chacun attend que son compagnon l’estime aussi haut qu’il s’apprécie lui-même et, à chaque signe de dédain ou de mésestime, il s’efforce naturellement d’arracher la reconnaissance d’une valeur plus haute : à ceux qui le dédaignent, en leur nuisant ; aux autres par de tels exemples. » Bien sûr, que nous recherchons l’estime des autres ; « Je n’existe que dans mon rapport à l’autre » nous disait Albert Jacquard

Voir échelle de Rosenberg (Mesure de l’estime de soi)

L’estime de soi, qui ne doit pas être confondu avec l’amour de soi, est indispensable dans l’équilibre de la personnalité. La perte de l’estime de soi, ou  un manque d’estime des autres, peut générer chez l’individu un état dépressif qui va entraîner des comportements addictifs néfaste : alcool, boulimie, drogue…  (Luis)

L’estime de soi, cet élément primordial dans la constitution de l’individu doit faire l’objet d’une attention particulière pour le développement psychologique chez  les enfants.

En effet, par nature certains enfants vont ressentir par nature une grande confiance en eux, d’autres au contraire manquent de confiance, peuvent se sentir  inférieurs, alors qu’ils ont les capacités.

Donc, l’attention et les encouragements des parents, des enseignants, des adultes, vont aider à faire tomber cette barrière qui risque de créer un handicap psychologique qui se retrouvera chez l’adulte.   (Luis)

« Je ne m’aime pas….

«Enfant, je rêvais souvent d’être une autre personne. Je n’aimais pas ce que j’étais, ce que j’avais : j’aurais voulu avoir d’autres  cheveux, d’autres parents, vivre dans un autre endroit. Il me semblait toujours que les autres enfants étaient mieux que moi : plus beaux, plus doués, plus populaires, plus aimés des professeurs » (Extrait de : « Estime de soi. S’aimer pour mieux vivre avec les autres. François Lelord et Christophe André)

On peut suivre des impératifs moraux différents ; être satisfait de soi, être en accord avec soi, enfin avoir cette estime de soi.

Ou ma règle morale est altruiste, je suis en paix avec moi, car j’ai toujours bien agi avec les autres.

Ou, ma règle est plus égocentrique, j’ai bien œuvrer pour mon bien –être, « j’ai réussi et j’en suis fier »

Ou ma morale suit un précepte religieux, je respecte les règles de ma religion, et je pense plus au jugement dernier qu’à mon propre jugement.  (luis)

« Dites-moi que je suis nécessaire et je vous soulève des montagnes », (Yannick Grannec. La Déesse des petites victoires)

   En ce mois d’octobre 2014 l’armée de l’air recrute et fait de la pub à la télé, leur slogan est «  Toute une armée croit en vous ». La formulation fait mouche chez ceux qui ne se sentent pas valorisés parce qu’ils font, manque d’estime, et là, s’intégrer à un groupe , être reconnu comme élément de ce groupe, peut créer cette indispensable estime de soi. (Luis)

Selon la définition de Rawls, le respect de soi, « inclut le sens de sa propre valeur, l’intime conviction que sa conception du bien, son projet de vie sont dignes d’être mis en œuvre » ainsi que « la confiance dans sa capacité de réaliser ses propres intentions dans la mesure où c’est en son pouvoir »

« Tu n’as pas de quoy vivre, & tu me demande si pour en avoir tu dois te rabaisser aux ministères les plus abjects, jusqu ‘à donner le pot de chambre à un maître ?

Que puis-je te dire sur cela ?

Il y a des gens qui disent qu’il vaut mieux donner le pot de chambre que de mourir de faim. Il y en a d’autres à qui cela serait insupportable. Ce n’est donc pas moy qu’il faut consulter, c’est toi-même.

Examine ce que tu vaut

Les hommes se mettent comme ils veulent à fort haut, ou, à bas prix, & et chacun ne vaut que ce qu’il s’estime. Taxe toi comme homme libre, ou comme esclave, cela dépend de toy » (Épictète. Nouveau manuel. L I. § X & XI)

Estime de soi, comme cela est dit tant de fois, passe,  et passe trop parfois par le regard des autres. Et cela peut être un danger, cette fuite de soi, pour ne s’en remettre qu’aux autres. Cela est bien imagé par un épisode de la série Black Mirror (Épisode I, Chute libre).

Dans une société où chacun donne une note d’appréciation à toute personne rencontrée, comme on demande le faire lorsqu’on utilise Uber. Une jeune femme, n’a pas la note suffisante (4,3)  pour accéder à un milieu, celui d’une amie d’enfance (note 4,8). Elle fait tout pour faire grimper sa note, de fausse amabilités, jusqu’à s’humilier si nécessaire.

Un incident va lui faire perdre son self contrôle, et voilà que les notes sont car catastrophiques, elle va craquer, se lâcher, tout perdre, mais retrouver sa liberté. (Luis)

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