Culpabilité

Phèdre. Alexandre Cabanel. Musée Fabre, Montpellier

Grand Robert de la langue française : Sentiment par lequel on se sent coupable, qu’on le soit réellement ou pas.

Encyclopédie de la philosophie (Pochothèque) : (Psych.) Sentiment, état d’âme désagréable consécutif à une action, qui, à juste titre ou non,  est vécue par le sujet comme répréhensible ; ou bien sentiment global de culpabilité sans rapport à une action particulière ; ou enfin ; état pulsionnel inconscient qui pousse le sujet à s’infliger, d’une manière ou d’une autre, une punition. C’est dans cette dernière acception que Freud a étudié le sentiment de culpabilité, dont il relève la présence dans les rêves de punition, dans les symptômes de la névrose obsessionnelle.

Synonymes : Accusation. Responsabilité. Faute.

Contraires : Innocence.

Par analogie : Absolution.  Aveu. Caïn. Confession. Conscience. Conséquence. Crime. Délit. Honte. Infamie. Injustice. Jugement. . Offense. Mentir. Pardon. Péché. Préjudice. Regret. Rémission. Remord. Réparation. Repentir. Ressentiment. Peine.  Punition. Sacrilège. Sentiment. Tourment. Transgression. Tribunal. Tristesse. Tuer. Vengeance. Voler.

Expression : Battre sa coulpe. Complexe de culpabilité. Mea culpa (c’est ma faute)

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« Il n’est permis d’imposer quelque peine à autrui, à autre dessein que de corriger le coupable ou de rendre meilleur ceux à qui le supplice servira d’exemple.., la vengeance qui ne gouverne pas l’avenir procède d’une vaine gloire ». (Thomas Hobbes)

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« La première punition, c’est qu’aucun coupable ne peut s’absoudre à son propre tribunal »  (Juvénal. Satyre XIII)

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« Le philosophe allemand existentialiste Karl Jaspers, dans son livre où il évoque la culpabilité allemande à la suite de la deuxième guerre mondiale, en relève quatre forme :
1° La culpabilité criminelle ; les crimes sont objectivement établis et relèvent du tribunal chargé de faire respecter les lois civiles aux quelles elle renvoie clairement.
2° La culpabilité politique ; «  Elle réside dans les actes des hommes d’Etat, je dois assumer les conséquences des actes accomplis par cet Etat,  à la puissance duquel je suis subordonné et dont l’ordre me permet de vivre », en ce sens, cette responsabilité est à la fois collective, et individuelle, chaque citoyen portant en lui la responsabilité dans la manière dont l’Etat est géré. Dans un tel contexte s’affrontent droit naturel et droit des gens.
3° La culpabilité morale ; elle est individuelle et renvoie à la responsabilité qui est la mienne dans la mesure où je suis moralement responsable des actes que j’accomplis. Jaspers insiste : «  C’est vrai que tous mes actes, même politiques et militaires. La formule « un ordre est un ordre » ne peut jamais avoir valeur décisive». Je suis toujours responsable dans la mesure où je décide d’agir ou pas. Il ajoute : «  Un crime est un crie même s’il a été ordonné, (bien que, selon le degré de danger, de coercition tyrannique et de terreur, on puisse admettre des circonstances atténuantes, et de même tout acte reste soumis au jugement moral ». Le tribunal en charge de cette responsabilité, c’est la conscience intérieure, à laquelle nul n’échappe, c’est « La communication avec l’ami et le prochain, avec le frère humain capable d’aimer et de s’intéresser à mon âme ».
La culpabilité  métaphysique, liée à la condition humaine : celle qui permet de ne pas rester insensible à la douleur d’autrui, de ne pas rester sans réaction face à un crime commis sous ses yeux, celle qui me donne l’occasion de pas être lâche ; elle qui combat l’indifférence. Culpabilité au seul fait d’être humain, elle est à la fois individuelle et collective, expression d’un sentiment moral. Kral Jaspers aura à ce propos ces lots d’une gravité solennelle.

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«  Quelque part,  dans la profondeur des rapports humains, s’impose une exigence absolue, en cas d’attaque criminelle,  ou de conditions de vie menaçant l’être physique, n’accepter de vivre ensemble ou pas du tout; c’est qui fait la substance même de l’âme humaine. Mais il n’en est ainsi ni dans la communauté  de tous les hommes, ni parmi les citoyens d’un Etat, ni même à l’intérieur de groupes plus petits ; la solidarité reste limitée aux liens les plus étroits, et c’est qui fait notre culpabilité à tous » (Elsa Godart. En finir avec la culpabilisation sociale. Albin Michel. 2021)

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Mon mal vient de plus loin. A peine au fils d’Egé
sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait s’être affermi
Athènes me montrait mon superbe ennemi :

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler,
Je sentis tout mon corps et transir et brûler.
Je reconnu Vénus et ses feux redoutables,
D’un sang qu’elle poursuit, tourments inévitables
Par des vœux assidus je cru les détourner
Je lui bâtis un temple et pris soin de l’orner ;
De victime moi-même à toute heure entourée
D’un incurable amour, remèdes impuissants !
En vain sur les autels, ma main brûlait l’encens,
Quand ma bouche implorait le nom de la déesse
J’adorais Hippolyte ; et, le voyant sans cesse,
même au pied des autels que je votais fumer,
j’offrais tout à ce dieu que je n’osais nommer

…….

J’ai conçu pour mon crime une juste terreur
J’ai pris la vie en haine et ma flamme en horreur ;
Je voulais en mourant prendre soin de ma gloire ;
Je n’ai pas pu soutenir tes larmes, tes combats ;
e t’ai tout avoué ; je ne m’en repens pas
JPourvu que de ma mort, respectant les approches,
Tu ne m’affliges plus par d’injustes reproches
Et que tes vains secours cessent de rappeler
Un reste de chaleur tout prêt à s’exhaler
(Phèdre. Racine)

*

« Si l’on revient au récit biblique, le mal, et donc la culpabilité entendue comme expression d’un sentiment terriblement humain, est présent dès l’origine de l’humanité. La culpabilité n’est pas issue d’une certaine culture, d’une certaine éducation, conséquence d’un certain surmoi ; elle est inhérente à la nature humaine […..] Le sentiment d’injustice est profondément humain, alors que le meurtre qui suit la barbarie, le déshumanise (le meurtre étant la négation de l’autre, la négation de l’humanité. Et ce qui permet à Caïn de rester humain, de se maintenir malgré tout dans l’humanité, c’est justement sa culpabilité.
La culpabilité est d’une certaine façon ce qui nous sauve d’une certaine déshumanisation » (Elsa Godart. En finir avec la culpabilité sociale. Albin Michel. (2021)

Inné, innéisme

Le Grand Robert de la langue française : Que l’on a en naissant, dès la naissance. Qui est antérieur à tout fonctionnement et ne dépend que du code génétique.

Encyclopédie de la philosophie. Livre de poche : Innéisme : Dans le sens générale qualifie toute conception selon laquelle l’homme porte en lui dès la naissance (donc avant toute expérience) certaines idées précises, des principes cognitifs, ou des aptitudes comportementales. 

Dictionnaire philosophique d’André Comte-Sponville : Ce qui est donné ou programmé dès la naissance. On ne confondra pas l’inné (qui s’oppose à l’acquis), avec l’a priori  (qui s’oppose à l’empirique)

Encyclopédie Larousse en ligne :

Étude psychologique des caractères individuels pour élaborer des classifications en types et en tempéraments.

La caractérologie présuppose l’idée de traits de caractère permanents, sur lesquels elle fonde sa classification. Cette permanence repose sur l’hypothèse d’un caractère inné ; conception qui n’écarte d’ailleurs pas, pour la caractérologie, l’existence de traits de caractère pouvant être acquis secondairement sous l’influence du milieu. L’interaction permanente du caractère inné et du caractère acquis expliquerait ainsi la possibilité que possède tout sujet de transformer son caractère sous l’effet de déterminants personnels (effort, persévérance, volonté) ou socioculturels (morale, religion, etc.). Pour la psychanalyse, cependant, l’aspect dynamique du caractère tient à la pluralité des processus en interaction pour déterminer sa formation.

Synonymes : Originel. Infus.

Contraires : Acquis. Empirisme. Savoir acquis.

Par analogie : Atavique. Caractère. Code génétique. Conservateur. Destin.Déterminisme. Dissonance cognitive.Éducation. Espèce. Expérience. Génie. Hérité. Idéaliste.Infus.Instinctif.Maïeutique.Marqueurs biologiques. Matérialiste. Naissance. Naturel. Originel. Parents. Pré connaissance. Préformé. Principes cognitifs. Progressiste. Réminiscence. Tabula rasa. Tempérament.

Expressions : Bon sang ne saurait mentir. C’est dans les gènes. C’est dans son ADN. Les chiens ne font pas des chats. Tel père, tel fils.

Débat :              De l’inné et de l’acquis                     22 janvier 2022

Introduction : La dichotomie,  – ou non,  – entre inné – et acquis, –  est un des vieux débats

Débat d’ordre philosophique, – scientifique, – sociétal, –  politique –  et   culturel..

 Que l’on soit, – philosophiquement matérialiste, –

ou que l’on soit, plutôt, idéaliste, – comment défendre l’idée que l’acquis existerait seul, – en dehors de l’inné. Comment le réfuter en bloc, – ou, les opposer,  – les dissocier, – ou – être d’accord avec une théorie  – et être d’accord  – avec son contraire ? (Dissonance cognitive)

L’idée, qui avait fait germer un  débat sur ce sujet, – m’était venue, –  suite à une confrontation en 2007 sur l’inné et l’acquis, –  entre Michel Onfray – et Nicolas Sarkozy, – . On y reviendra.

Et là, –  nous avons, deux écoles, – deux écoles plutôt  manichéennes :

 1°- Les tenants d’une prédominance chez l’individu de la part d’inné, – jusqu’à,  l’innéisme ; – école plutôt conservatrice ;

2°- Les tenants de l’acquis, – de la seule expérience de vie constituant l’individu, –  et ce fait –  rejetant toute part d’inné ; – école plutôt progressiste.

A) Pour les tenants de l’inné, -voire, de l’innéisme ;

   Nous serions porteurs, -dès la naissance, – de marqueurs biologiques que l’être vivant –  possède à sa naissance.

  C’est suivant le Grand Robert de la langue française : – depuis l’étymologie « natus » – (né, de naissance), – des caractéristiques individuelles, antérieures à toutes expériences, qui,- pour certains psychologues, – dépendent du code génétique ;- on utilise aussi par analogie, des termes, comme,-  bien sûr : génétique – originel – infus –héréditaire – atavique  – instinctif, etc.., 

Et j’ajouterai des l’expressions, comme  – : « Bon sang ne saurait mentir » – « C’est dans les gènes » – « C’est dans son ADN »  – (lequel mot ADN est mis à toutes les sauces) 

    L’inné, – L’innéisme, – sont, –  une conception selon laquelle – l’homme porte en lui (donc avant toute expérience) certaines idées précises, – des principes cognitifs, – ou des aptitudes comportementales. – Une première approche nous renvoie vers Platon.

   Pour lui,  – l’âme avait comme une pré-connaissance des formes intelligibles, -et ne perdrait ce savoir – qu’en venant à la vie. – Pour lui – l’homme rencontrait des connaissances non acquises par réminiscences. – Théorie allant chez lui jusqu’au déterminisme  – (Je le cite, dans, La République) :

 « Dès l’heure de leur naissance, – certains sont marqués pour être assujettis, – et d’autres, –  pour gouverner ».                                                                         

    De même, bien qu’anti platonicien, Nietzsche – n’en vante pas moins l’innéisme – lorsqu’il écrit dans « Par delà le bien et le mal » (je le cite)

 «  On n’est pas impunément l’enfant de son père », – «  il est impossible qu’un homme,-  même en dépit des apparences,-  n’ait pas  les qualités et les goûts de ses parents,- de ses aïeux. C’est le problème de la race ;- ce qu’on sait des parents, – permet de tirer des conclusions au sujet de l’enfant »

C’est un peu : –  « tel père tel fils », – et la notion de race qui ne choquait pas au 19ème  siècle. – Pour lui, – il n’y a aurait pas d’invariants, – autrement dit : un père voleur aurait un fils voleur ; On retrouve ces expressions comme – « c’est bien le fils de son père », -ou  – « Les chiens ne font pas des chats »

   Ainsi, hors les positions excessives, bien des points, – plaident pour la part l’inné : ce sont :

L’héritage d’un patrimoine génétique  – héritage physique;

L’héritage d’un patrimoine génétique, – héritage psychologique

    Deux exemples :

– Il, elle,- a les cheveux  de sa mère, -les yeux de son père, – c’est la part biologique, génétique, – héritage physique

-Il elle, – a le goût, – et le don de la musique de sa tante.  Héritage génétique psychologique ;

Ce qui pose la question des dons ? s’agit-il d’un marqueur, un code ? – quelque part sur la spirale ? –  et sur quel chromosome ? on en reparle.

C’est souvent en observant l’évolution des enfants, –  qu’on étudie l’acquis et l’inné. Comment, – par exemple, – modifier des tendances, (innées ou acquises)  des tendances à l’égoïsme,  des tendances au mensonge, etc. ?

Cela nous remet en mémoire le film :- « La vie est un long fleuve tranquille » ou le petit garçon Momo –  (à la naissance Duquesnoy /Haussement d’épaules)  bien qu’enfant de la famille Duquesnoy, – celui-ci va acquérir toutes les caractéristiques, –  Groseille.

Ce n’est plus totalement, -tel père, tel fils. Il est irrémédiablement Groseille. – L’acquis semble pouvoir effacer  – tout ce qui serait l’inné. (Hors le haussement d’épaule). (Enfin le film n’est qu’une fiction, – pas un documentaire – (Prolepse)

B) J’ai jusqu’ici évoqué l’inné,  -voyons un peu l’acquis 

Pour le Grand Robert de la langue française : (rubrique Biologique : Caractère acquis).  C’est (je cite) Qui n’appartient pas –  au patrimoine chromosomique de l’individu, et –  apparaît par l’adaptation au milieu.

On trouvera également : des caractéristiques postnatals,- dépendant de l’environnement,  et – de l’éducation

Nombreux seront les philosophes refusant la notion d’innée.

Philosophes prônant l’acquis, pour qui – nous ne sommes pas définis par un programme génétique, –  ou,-  à l’inverse, des philosophes, prônant l’inné, – refusant toute prédominance de l’acquis ou, encore, –  des philosophes ouvrant d’autres pistes de réflexion.

On en reparle dans le débat   

Par exemple, – en opposition totale à l’inné, -John Locke, – (un philosophe anglais) : écrit – (je le cite) :  – « Toutes nos idées proviennent d’expériences, – et il est absurde d’affirmer que l’esprit possède une idée – avant que celle-ci ne soit effectivement présente à l’esprit…-  Les hommes considèrent- que les croyances qu’ils ont reçues avec leur éducation primaire -sont innées ou naturelles, car ils les ont assimilées- sans aucune conscience de la façon dont elles ont progressivement –  pénétré dans leur âme….».       (Il poursuit)

 « L’esprit humain est une feuille blanche,- une « tabula rasa »,- (table vide),  tant que l’expérience n’intervient pas,- pour y graver ses propres signes ». 

Pour Rousseau,  – comme John Locke – « Il n’y a point de notions innées, –  l’homme vient au monde-  comme une table rase– sur laquelle les objets de la nature-  se gravent avec le temps »

(On trouve même une expression paradoxale pour imager la table rase, une ardoise en blanc)

Et j’en termine avec ces quelques questions,  pour problématiser le sujet :

– Peut-on penser, – comme Platon et Nietzsche,  – que l’inné est la part importante de ce que nous sommes ? -que la part nature, -ne peut s’effacer dans la part culture,- soit-on ne change pas la nature de l’homme,

Ou

– Peut-on penser, -comme l’affirment John Locke  – et Jean-Jacques Rousseau, -que l’acquis constitue lui seul – l’unique part de notre personnalité, -qu’il n’y aucun déterminisme génétique comportemental ?

      Et donc, – entre « tabula rasa » et- « tel père, tel fils », ou, « bon sang ne saurait mentir », – comment se défini, se construit l’individu, – entre sa part, innée, – et sa part acquise ? (Luis)

Lors de la campagne présidentielle en 2017, il y a eu un débat, entre Nicolas Sarkozy,fervent défenseur de l’inné, etMichel Onfray, défendant lui, l’acquis. Michel Onfray énonçait que « …Je pense que nous sommes façonnés, non par nos gènes, mais par notre environnement…, qu’on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile ».

   Nicolas Sarkozy, déclarait incliner pour sa part à penser « qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs là un problème que nous ne sachions – soigner cette pathologie »

Et il poursuit par une série d’arguments défendant un déterminisme puissant, héréditaire, de nos comportements sexuels et dépressifs : « Je ne suis pas d’accord. J’inclinerais à penser et d’expliquer que les jeunes gens qui se suicidaient, non parce qu’on s’était mal occupé d’eux «  mais, parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable »

Nous avons là un débat idéologique entre deux personnalités,

Chacun des deux protagonistes, défend, prône une forme de déterminisme.

L’innéisme est de droite

L’acquis est de gauche

Cela devait nous amener, le « en même temps »

Je suis scientifique dit le généticien Pierre-Henri Gouyon ; « Quand je fais une manip sur des gènes, je ne sais jamais si vais tomber sur un gène de droite ou sur un gène de gauche ».

Et je reprends là,  un article paru dans philosophie magazine concernant ce débat :

« Au delà de cet échange, l’opposition entre l’inné et l’acquis est poussée à son paroxysme, avec les utopies totalitaires du 20ème siècle  – : le nazisme et le communisme, partagent la volonté de donner un grand dessein en ce qui concerne la prise en main de l’humanité vers son amélioration.

Ainsi, à l’ouest, la croyance dans l’inné a fait de la génétique la base de l’eugénisme.

A l’est, la croyance dans la génétique, a été promue, par Lyssenko, théoricien de l’idée de Engels : « qu’il n’ y a aucune différence entre humain à la naissance, que c’est uniquement la société qui les transforme » (Philosophie n° 10. 2017)

(Ça nous rappelle exactement le discours de la théorie du genre) autre débat. (Luis)

Des égarements de l’innéisme aux égarements de l’acquis ; 

Les Etats-unis vers les années 1930 ont lavé des études sur les états mentaux débiles qui seraient héréditaires. On entama des enquêtes auprès des familles.

En 1935 seront cotées des lois eugénistes, et en 1935 déjà plus de 20000 personnes seront stérilisées, le chiffre dépassera les 60000. Il y en aura également de nombreux cas similaires au Danemark en Suisse…

Ce courant de pensée traversera le monde occidental. Par exemple le prix Nobel sera attribué à un partisan de l’eugénisme, un français, Alexis Carrel, particulièrement pour son ouvrage « L’homme cet inconnu », où pour « améliorer » la société il prône à l’instar des nazis, des solutions « humaines et économiques ».

Cela va déboucher, idéologie de l’inné,  sur l’eugénisme nazi, extermination des plus faibles, des déficients, puis la suite…,

Cela, par ailleurs, en URSS, va déboucher sur l’idéologie de l’acquis. Lyssenko va faire emprisonner tous les généticiens qui évoquent l’inné, beaucoup mourront dans las camps, et le régime marxiste prônera « la tabula  rasa ». Nul héritage génétique, égaux en tous points à la naissance, seul, compte, l’éducation, l’égalitarisme portée à son maximum.  (Luis)

Séquençage embryonnaire: Tout comme on peut façonner, manipuler  toute la part de l’acquis par l’éducation des enfants. Des personnes avec l’aide de quelque « docteur fol amour » font,  ou tentent de façonner, de manipuler, l’inné. Ceci par le séquençage embryonnaire, ou en faisait l’acquisition quel qu’en  soit le prix, de paillettes de sperme, peut-être d’un prix Nobel, pour qu’une femme puisse mettre au monde une génie, puisque tout est dans le génome, soit avoir ; un enfant, blond, ou brun, grand, et intelligent. (Luis)

Un chercheur américain Steven Pinker, se moquant de la théorie de la « table rase » dit : les tenants de cette nouvelle religion laïque voient l’homme comme une pâte à modeler, vierge à la naissance et malléable à volonté.

Il rappelle que notre capacité essentiellement humaine, à raisonner, à parler, à mémoriser, cela était en nous génétiquement.

J’ajouterai à son propos que je ne pense pas que l’homme de Cromagnon eusse pu dans son enfance rentrer à l’école élémentaire. Il aura fallu des siècles et des siècles pour que la plasticité du cerveau humain acquière la capacité d’apprendre de raisonner… (Luis)

Si nous naissons avec un patrimoine génétique, la « boite noire » transmise par nos parents, le logiciel,  ce capital génétique est perméable et tout au long d’une en fonction du milieu, des expérience, de notre adaptabilité,  il est appelé à se modifier, nous transmettrons ce capital d’inné,  ce capital génétique,  modifié, modifié par l’acquis.

Darwin nous explique que l’acquis peut devenir de l’Inné. C’est parce que les hommes ayant constitué des groupes, de sociétés, ont dû  fixer des règles de solidarité, pour la sauvegarde du groupe, qu’il en a découlé, l’empathie, la solidarité,  des règles morales ; et  après quelques milliers d’années, des centaines de générations, il y a un sens inné de la morale dans l’homme.  (Guy)

Si chez une espèce il n’y a pas de variation génétique dans un groupe, ce  groupe est appelé à disparaître. Le milieu ambiant au cours des siècles des millénaires  étant changeant ceux qui ne se sont pas adaptés pendant ces périodes vont peu à peu périrent ne pas laisser de descendance. Ce qui nous confirme, une fois de plus  que l’inné n’est l’acquis transmis.

C’est pourquoi un certain nombre de scientifiques se refusent à parler d’inné.

    Des bio généticiens affirment que seul l’inné guide notre vie et non l’acquis.  Nous sommes, disent-ils ; marqués, prédéterminés génétiquement ; nous ne sommes que les acteurs d’une histoire, d’un destininscrit dans nos gènes dès notre formation embryonnaire…            

   Nous nous croyons maîtres de nos décisions d’agir, maîtres d’agir sur notredestin. L’analyse transactionnelle nous dit que l’acquis plus que l’inné va influer sur notre caractère tout au long de notre vie, et de là sur notre destin. Certains  choix que nous croyons libres seraient en fait totalement soumis aux périodes constitutives de l’enfance dite : Enfant, Parent, Adulte.

Certaines théories scientistes nous disent : que nos gènes sont les véritables maîtres, habitants de ce monde. Par notre faculté de procréation, Femmes et Hommes, nous ne sommes que leurs véhicules spatiaux, dont ils se servent pour aller de génération en génération, ils restent, le vivant intemporel ! (Luis)

« Qu’est-ce que signifie ici que l’existence précède l’essence ? Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après. L’homme, tel que le conçoit l’existentialiste, s’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien. Il ne sera qu’ensuite, et il sera tel qu’il se sera fait.  » (Jean-Paul Sartre. L’existentialisme est un humanisme)

Autres expériences du monde animal :

Une expérience pour mesurer les messages acquis, transmis génétiquement : un petit animal (on ne dit pas quel genre) est retiré de sa mère dès la naissance avant même qu’il ne voit. Elevé à part, au bout quelques semaines, on lui montre une feuille présentant des rayures noires et jeunes il s’approche au plus de la feuille pour se blottir tout près. Sa mère, qu’il n’a jamais vue, a des bandes jaunes et noires. Nous n’avons là, que de l’inné pur.

Les informations du software, se révèlent dans certaines expériences, comme des informations globales. Ainsi une expérience avec des oies cendrées. Les renseignements innés leur transmettent l’information que le congénère pour l’accouplement est sur l’eau, s’étirant au maximum, lequel mâle est beaucoup plus long que les oies. N’ayant jamais eu à voir de mâle, on les a trompées avec un nageur à plat sur l’eau et avançant doucement. Les oies se sont approchées pour une tentative  d’accouplement. (Voir. Konrad Lorenz. Évolution et modification du comportement)

Nous avons tous vu un chiot ayant pris dans sa gueule les pantoufles de sa maîtresse, ou de son maître, les secouer avec insistance. De fait ce chiot s’entraîne même si cela ne lui servira jamais, soit en secouant ainsi une proie, enfoncer ses dents au plus et lui briser la nuque.   

Cahque les neuroscientifiques tarvaillent à reprocher ces « frères ennemie » Inné et acquis.

Dans les années 1970-80-90, (après la révolution – de mœurs ? – de 1968) ont été nombreuses les discussions théoriques et politiques sur le pourcentage de l’inné (gênes, origines,  nature) et de l’acquis (milieu, environnement) en l’individu humain.
Les intellectuels – de gauche- analysaient le rôle et l’impact de l’environnement (familial, social, historique) sur le développement personnel de l’enfant, pour insister sur la possibilité de « transformer  le monde » (selon l’expression de Marx dans la 11° thèse sur Feuerbach – Idéologie allemande 1850) c’est-à-dire de prendre des mesures sociales, pédagogiques, médicales pour que l’égalité ne soit pas seulement formelle (un droit) mais réelle (une situation) . Philosophiquement c’était le thème Sartrien «  l’existence précède l’essence » ; je ne peux être définie. (Comme un homme lâche – Garcin, comme une femme ambitieuse – Inès, comme une femme – coquette Estelle) Huis Clos 1943,  qu’une fois mort, par les autres vivants. Tant que j’existe (et c’est ce qui me distingue de tout autre vivant) je peux toujours choisir un autre mode d’existence, faire d’autres choix .La nature humaine (l’inné) ne détermine pas mes choix existentiels, mes comportements individuels et mes engagements collectifs C ’est en ce sens aussi qu’ a été lu Le Deuxième sexe ( 1949) de Simone de Beauvoir qui expose et analyse l’histoire des préjugés sur la relation Homme-Femme et en conclut : «  on ne nait pas femme, on le devient ». Il n’y a pas de nature humaine déterminée. Il y a des situations, des conditions d’existence qui sont des déterminations mais non un destin : elles n’excluent pas la liberté individuelle de choix et donc la responsabilité d’engagement en faveur de telle ou telle orientation d’existence.
Les années 2000 sont marquées par la « révolution numérique ». Et l’étude du cerveau est maintenant l’objet de neurosciences multiples. Je ne suis pas spécialiste experte en la matière mais je viens d’assister à une conférence à l’ENS (département physique) le vendredi 17 janvier de Hervé Schneiweiss, neurobiologiste, directeur de recherches à l’INSERM, Président du comité d’éthique de l’Inserm et auteur d’un ouvrage Notre cerveau, un voyage scientifique et artistique : des cellules aux émotions. Ouvrage sur l’histoire et les inventions des représentations du cerveau humain.  Le fil directeur de cette recherche est que les neurosciences contemporaines (et notamment depuis les mesures cérébrales de Benjamin  Libet (1970)) montrent que l’activité du cerveau est constante (même «  en pause » ou quand on dort) et que le cerveau sait ce que je fais bien avant que je le décide (entre 500 millisecondes et 200 millisecondes avant la prise de décision) Nous avons là une horloge interne qui prépare la prise de décision. Tout le contraire de l’idée de liberté absolue de penser et d’agir. D’autre part notre cerveau est aussi inconscient (désirs refoulés –Freud), a des émotions (Spinoza) et est donc, en permanence en interaction avec l’environnement affectif, social, historique. Il n’y a pas d’opposition entre l’inné et l’acquis. Il y a une évolution permanente du cerveau. (Yuval Noah Harari : nous naissons homo sapiens et nous devenons humain. Henri Atlan parle de l’épigénèse, et Jean Pierre Changeux aussi. Et nous devons reconnaitre le rôle du hasard (Mallarmé : « jamais un coup de dés n’abolira le hasard ». Il faut connaitre le rôle du déterminisme du cerveau sans savoir ni donc prévoir ce qui va arriver. Et reconnaitre aussi notre ignorance en particulier l’incertitude sur le rôle du hasard et nos idées fausses sur les déterminismes subliminaux (Propaganda – Bernays ; publicité clandestine –télé). Et donc les scientifiques doivent intervenir lors des journées sur les lois bioéthiques dans les comités préparatoires au Conseil consultatif national d’éthique. Et aussi sur les techniques d’exploration pour modifier le cerveau , de l’activité cérébrale sur le cerveau et sur les procédés techniques: implants pour soigner Alzheimer (modifier le cerveau non) ; électrodes sur cerveau et exosquelette pour soigner les capacités endommagées (yeux aveugles, paraplégie..) : oui. Tout dépend de l’usage de ces techniques comme l’usage du silex.
Aujourd’hui se développent de nouveaux modes de penser (préjugés) non pas innés mais acquis (en famille, à l’école, liés aux choix politiques) .Ce sont des idéologies dominantes ou en voie de domination : le mouvement dé-colonial, l’obsession de la diversité et de l’appartenance à une minorité opprimée, et à partir de ces idéologies la revendication de la convergence des luttes des opprimés contre la domination colonisatrice de l’homme blanc hétérosexuel .Ce, sous la pression de groupes d’intérêt particulier ( « brigues »  Rousseau) et multiculturalismes ( « contre » l’Idée d’une histoire universelle de l’humanité et le projet de paix perpétuelle » Kant et Bernardin de Saint Pierre).Que faire ?
Conclusion :
1° Olympe de Gouges (1789) revendiquait d’acquérir l’égalité des droits (homme-femme) au nom d’une Idée (un idéal), celle de la communauté humaine, et non au nom des femmes. Rosa Parks (2004) demandait le droit – pour les noirs- de s’asseoir à l’avant des autobus avec les blancs, et non de vivre entre noirs. Revendications d’acquis humanistes au nom de la nature humaine universelle.
2° Les enfants sentent ce qui est le  bien – pour tous- et ce qui est le mal. Mobilisons-nous contre ceux qui leur enseignent la haine (qu’ils soient sous emprise ou qu’ils se vengent des blessures subies) en leur proposant des fictions, des activités artistiques et artisanales, des lectures (philosophiques aussi) en même temps que des lois interdictrices. Toujours pour et jamais seulement anti. (Michel Serres). (Edith Delége Perstunski. Professeure de philosophie)

La cueillette du Poète.

L’inné, et, L’Acquis,   inné, de naissance _ chromosomes _ gènes, ADN, pré-connaissance, prédispositions, hérédité, génétique,
transmission, biologique _ chromosomique,
part fondamentale _ nature, déterminisme,
instinct, réflexe, humAnimal, un innéisme,
conditionnement, enveloppement, *  Acquis, Après naissance,
idées provenant d’expériences, culture, parts distinctives, éducation – pédagogie,
témoignage – transmission, intuition – réflexion, Avec Le temps
culture, environnement,
L’âme – à – tiers …esprit … L’âme – agit,
en miroir, en mémoire,
corps – esprit, notre histoire,
conditionnement, développement,  

*  d’Aptitude en étude, inné _ Acquis … naît – sens,
Au bain-marie
, prélude, À naître, Après naissance,
rationalisme, et, empirisme, évolution, « bruine » Darwin, raison, et, expérience _ conditionnement, environnement,
d’immanent, en, transcendant, développement, fabrication, structuration, mutation, transmutation, 
déconstruction, reconstruction, transformation,

innéisme _ génétique _ patrimoine _
« semences de Vérité », « nées Avec soi », idées propres _ y Allouées,
innée – Acquise, pratique, Des-cartes … À jouer
blé en herbe … « L’Avoine »,

innéité, organiques _ corps – esprit _ fonctions, théorique – pratique, Livrée, Acquisition,
entendement, compréhension, La formation, instruction, co-élaboration, conversion …
de nature en culture, culture _ cultivée,
corps – esprit, exercices, quête _ pour se trouver …

*  on naît,
femme, homme, inné,
devient, humain, Acquis,
ou pas’, Appâts’ ou pas’ Appâts … rien n’est Acquis

… tout est Acquis,
même L’inné … Lui est Acquis

Cas-fée  _  Philo’s,
À  L’ Entrepot’s,
2 animateur, Guy Pannetier 2 janvier 2022, en  Pluviôse
,
en cette heure,
serviteur, Avocat,
Gilles Roca  ose      

Art

Adam Smith

Economiste, et philosophe, britannique (Ecossais) 1723/1790. Auteur de : Théorie des sentiments moraux » 1759,  « Leçons sur la jurisprudence » 1764,  et « Recherches sur les causes et la nature de la richesse des nations » (1776)

Dictionnaire Larousse : « Il pense que la recherche par les hommes de leur intérêt personnel mène à la réalisation de l’intérêt général, donc la liberté ».

(Extraits d’un débat : Les philosophies comparées d’Adam Smith et de Karl Marx)

La théorie d’ Adam Smith, est devenue le libéralisme économique (que je ne confonds pas avec le libéralisme politique)

Ce modèle d’Adam Smith, ayant lui aussi ses vives critiques, trouve d’une certaine façon sa continuité dans la quasi-totalité de nos démocraties occidentales.

Aurions-nous choisi, conservé, le modèle le moins mauvais ? Choisi par défaut ? A chacun sa réponse…..

Adam Smith est de l’époque où la plus grande partie des échanges sont encore d’origine agricole, conjointement au début d’une ère industrielle qui commence à bouleverser le rapport au travail, par la division même de ce travail. Cette division est pour lui bénéfique en tant que gain de productivité, lequel gain dans son optique n’est pas forcément pour l’enrichissement excessif de ceux qui détiennent les outils de production, mais pour augmenter, la rente, le profit, et la richesse d’une nation ; on utiliserait aujourd’hui le terme de croissance économique.

Si Adam Smith avait vécu à l’époque d’Engels et de Marx, peut-être aurait-il écrit un ouvrage quelque peu différent ; ce qui rend la comparaison de leur philosophie politique plus difficile. La société de Smith (si l’on peut employer ce terme) est de peu d’ambition, elle part de ce qui est, d’un état qu’il ne faut guère changer, un état où les inégalités sont source de richesses, et créent par là (pour lui) du progrès et la richesse d’une nation… . 

Adam Smith qui en dehors de l’oeuvre pour laquelle il est le plus connu : « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations » a pourtant a écrit un traité de morale, un ouvrage célèbre. Celui-ci ne s’émeut pas du travail des enfants, et l’esclavage ne lui pose pas plus de question, lorsqu’il compare les avantages et les inconvénients de l’emploi d’esclaves « nègres » (suivant son propos) dans les plantations de Virginie.

Alors qu’il a écrit (et c’est son oeuvre majeure) « Théorie des sentiments moraux » où il développe le principe de sympathie , c’est dire, pour lui, l’approbation de l’image de soi, à côté de cela sa morale ‘dans la Richesse des nations) est à dimension variable, et, en fonction de la catégorie sociale, (il écrit) : « Dans toute société civilisée, dans toute société où la distinction entre les rangs a été une fois généralement établie, il y a toujours eu deux différents plans ou systèmes  de morale ayant cours en même temps : – l’un fondé sur des principes rigoureux, et qui peut s’appeler le système rigide ; – l’autre, établi sur des principes libéraux, et que je nomme système relâché. Le degré de blâme que nous portons sur les vices de légèreté, ces vices qui naissent volontiers d’une grande aisance, la gaîté folle et m^me la joie déréglée, l’amour  du plaisir poussée même jusqu’à un degré d’intolérance, les fautes de la chasteté, au moins chez l’un des deux sexes, etc.., pourvu que les choses ne soient pas accompagnées d’indécences grossières.., les vices qu’engendre la légèreté sont  toujours ruineux pour les gens du peuple .. ? au contraire plusieurs années passées dans les excès et le désordre ne peut pas entraîner la ruine d’une personne que l’on appelle comme il faut, et les personnes de cette classe sont tout prêtes à regarder comme un des avantages de leur fortune.., sans encourir la censure »   (RDN Liv.5. § 1. Section 3. P, 420)                           (Luis)

 Quand les deux (Smith et Marx) parlent de capital, ils n’y voient pas la même chose.

Pour Marx le capital, par l’acquisition des moyens de production, met les ouvriers en servitude, alors que pour Smith, le capital est nécessaire à la création d’activités, d’entreprises, il crée ainsi les emplois. Le capital chez Smith est le premier moteur de la société économique. 

Le socle de la société c’est chez Smith, le capital, pour lui l’économie repose sur trois piliers : la rente du propriétaire, le profit de l’exploitant, le salaire de l’ouvrier.

L’approche économique de Smith est souvent définie ainsi :

1° La rente du propriétaire. Propriétaire de la terre, de l’usine du terrain, etc…

2° Le profit. Le profit de l’exploitant, métayer, entrepreneur, etc…

3° Le travail. Soit la part qui est allouée à celui qui travaille, à celui qui dans la dialectique de Marx, « vend sa force de travail »

Cela nous donnerait aujourd’hui :

1° La banque, le fonds de pension, les actionnaires.

2° L’entreprise et ses dirigeants.

3° Les salariés et employés de l’entreprise.

Pour Marx les deux premiers seraient plutôt classés comme prédateurs, profiteurs non productifs. Pour Marx l’ouvrier doit s’approprier l’outil de production, et ne pas avoir à travailler, ni pour la rente, ni pour le profit.

Les quelques textes concernant les salaires illustrent bien les idées d’Adam Smith quant aux droits étant exclusivement du côté du capital.

« C’est par convention que se déterminent les taux communs des salaires. Les ouvriers veulent gagner le plus possible, les maîtres donner le moins qu’ils peuvent. Il n’est pas difficile de prévoir laquelle des deux parties […..] doit avoir l’avantage. Les maîtres peuvent se concerter aisément, tandis que cela est interdit aux ouvriers »                        (RDN. P, 137)

« Toutes les fois que la législature essaie régler des démêlés entre les maîtres et les ouvriers, ce sont toujours les maîtres qu’elle consulte. [….] Les maîtres, ordinairement se lient par une promesse, une convention secrète à ne pas donner plus que tel salaire. Si les ouvriers faisaient entre eux telle ligue de la même espèce, la loi les punirait sévèrement »

                                                                                                                               (RDN. P, 219)

« Le patrimoine du pauvre est dans sa force et dans l’adresse de ses mains ; et l’empêcher d’employer cette force de la manière qu’il juge la plus convenable [….] est une violation de cette priorité primitive »                                                                                      (RDN. P, 198)

On retrouve là, la volonté d’exclure des règles, des conventions salariales, d’exclure un droit de grève.                                                                                                                                (Luis)

De Smith, ses partisans ont hérité des « éléments de langage » régulièrement utilisés ; de véritables copier/coller.

 Smith dans la « Richesse des Nations » écrit que « L’accumulation du capital permet un accroissement de la productivité, et que la hausse du travail en résultant, entraîne la demande travail, et par là le hausse des salaires ».

Sans vergogne, 200 ans plus tard Raymond Barre dans la années 1970 nous servait  la même litanie. Nous avons encore en mémoire ces propos : « Les sacrifices d’aujourd’hui sur les salaires, sont les résultats de demain, lesquels sont les investissements de demain, et les  emplois d’après demain »  (Il y avait à l’époque 400.000 chômeurs en France)

Autre élément de langage, hérité de Smith qui manifestait déjà une certaine mansuétude en regard de l’évasion fiscale (il écrit) : « Aux confiscations, amendes, et peines qu’encourent les malheureux qui succombent dans les tentatives qu’ils ont faites pour éluder l’impôt, il peut (l’État) souvent les ruiner et là anéantir le bénéfice qu’eut recueilli la société de l’emploi de leur capitaux… » (RDN Liv.5. § 2)                                                                                        (Luis)

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