Savoir

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Le Grand Robert de la Langue Française : Avoir présent à l’esprit (un objet de pensée qu’on identifie et qu’on tient pour réel) ; pouvoir affirmer l’existence…

Etre conscient de …; connaître la valeur, la portée.., (un acte, un sentiment concernant le sujet)

Avoir dans l’esprit un ensemble d’idée et d’images constituant des connaissances organisées rationnellement à propos de..(un objet de pensée)

Avoir bien compris, bien assimilé.(un objet de connaissance)

Trésor de la langue française : Avoir dans l’esprit, avoir la révélation de l’existence, de la réalité, de l’identité, de la vérité de quelque chose; avoir présent à l’esprit un ensemble de connaissances rationnelles (concepts, idées, notions, images, représentations, affects), acquises par l’étude et par la réflexion, et constituant une synthèse ordonnée sur un objet de connaissance

Dictionnaire philosophe d’André Comte-Sponville : Comme substantif, c’est un synonyme à peu près de connaissance. Si on veut les distinguer, on peut dire que la connaissance serait plutôt un acte, dont le savoir serait le résultat.

Comme verbe, en revanche, la différence est plus nette : je sais lire et écrire…etc.

Synonymes : Acquis. Connaissances. Connaître. Culture. Culture générale. Erudition. Instruction.

Contraires : Analphabétisme. Ignorance. Ignorer. Maladresse.

Par analogie : Apprendre. Aptitude. Capacité. Compétence. Concepts. Conscience. Curiosité. Découvrir. Etude. Initiation. Instruire. Idées. Intelligence. Intelligible. Lecture. Livres. Lettres. Lumières. Maïeutique. Mémoire. Notion. Penseurs. Sachants. Sagesse. Savant. Science. Wikipédia.

Expressions: Docte ignorance. Être au courant. Savoir faire.

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La maïeutique : Platón creía que sabemos lo que sabemos gracias a la razón, y que nacemos con dicho conocimiento en nuuestro interior, aunque necetitamos un guia o una comadrona para sacarlo al exterior »

La maïeutique ; Platon croyait que nous savions ce que nous avions grâce à la raison, et que nous naissons avec cette connaissance dans notre for intérieur, bien que nous nécessitions un guide ou « une sage femme » pour le faire émerger.

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« Nous sommes enfants, une ardoise en blanc, nous adoptons les choses sans le moindre sentiment critique ». (Lou Marinoff)

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 « Knowledge is power » « Le savoir c’est le pouvoir »  (Francis Bacon)

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On attribué à Bernard de Chartres cette réflexion : «  Nous sommes comme des nains assis sur les épaules des géants, et c’est pour cette raison que nous sommes capables de voir plus de choses, de voir plus loin  qu’eux ».

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On peut traduire ceci par la somme des connaissances acquises par le passé, par tous les hommes de génie, penseurs, savant, homme de technique, de médecine, etc. Ce trésor des connaissances à partir desquelles chaque génération va faire des progrès de toute sorte. Lorsque je vois une œuvre d ‘art comme « le viaduc de Millau » je ne peux pas m’empêcher de penser aux premier ouvrier qui ont assemblé des pierres, pour faire, ou des pyramides, ou pour créer les premières voûtes.., la somme de nos savoirs et la somme accumulées de millions et de million d’heures d’étude de gestes répétés,  d’expérience.

Œuvrer dans quelque domaine que ce soit en utilisant les savoirs acquis c’est, participer à notre tour, à la continuité et à la transmission des savoirs. (Luis)      

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« Tous les homes désirent naturellement savoir. Ce qui le montre, c’est le plaisir que nous prenons à percevoir par les sens, car les sensations plaisent par elles-mêmes, indépendamment de leur utilité, et plus que toutes les autres sensations visuelles [….] . La raison en est que, parmi toutes les sensations, c’est surtout elle qui nous fait connaître qui révèle le plus grand nombre de différences » (Aristote. Métaphysique)

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« Sçavoir par cœur n’est pas sçavoir : c’est tenir ce qu’on a donné en garde à sa mémoire. Ce qu’on sait droittement, on en dispose sans regarder au patron. Sans tourner les yeux vers son livre. Fâcheuse suffisance, qu’une suffisance  pure livresque ! »  (Montaigne. Essais. Livre 1. § XXVI)

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 « L’ignorance qui se scait, qui se juge et qui se condamne, ce n’est pas entière ignorance : pour l’estre, il faut qu’elle s’ignore soy-même ». (Montaigne. Essais. Livre 2. § XII)

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Nuestras horas son minutos

cuando esperamos saber,

y siglos cuando sabemos

lo que se puede aprender.

Nos heures sont des minutes

Quand nous espérons savoir

Et des siècles lorsque nous savons

Tout ce qui peut s’apprendre

Antonio  Machado.

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« A la cama no te iras sin saber una cosa más »

« Au lit tu n’iras sans savoir une chose de plus »

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« Depuis le fils du ciel ((Le Prince) jusqu’aux gens du peuple, tout le monde doit avoir pour principe : cultiver sa personne » (Extrait d’un traité de Confucianisme)

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« Le savoir est une situation utopique. La situation effective de l’homme pourrait se qualifier comme : ma vérité insuffisante » (Schopenhauer.  Le monde comme volonté et comme représentation)

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«  Le savoir » écrivait Jean-François Lyotard en 1979 «  est déjà, et sera un enjeu majeur, peut-être le plus important, dans la compétition mondiale pour le pouvoir »

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L’oracle interrogé par Kéréfou avait répondu que personne n’était plus savant que Socrate. Ce dernier ne se considérait pas du tout comme savant, il avait donc pris cette réponse comme une énigme, et il en chercha le sens. Ce que disait l’oracle est que l’homme le plus savant est, celui qui comme Socrate  reconnaît que son propre savoir ne vaut rien par rapport à la vraie sagesse. Socrate est celui qui sait ne pas savoir. Ce qui sera appelé plus tard, par Nicolas de Cues, « La docte ignorance » (Luis)    

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« Ils n’ont jamais fréquenté l’école, ils n’ont pas eut cette chance, à présent c’est trop tard, il faut nourrir la famille, et écouter ceux qui savent, qui ordonnent » (Anne Plantagenet. Le prisonnier)

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« Savoir pour prévoir, afin de pouvoir » (Auguste Comte)

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 La savoir est une arme, l’ignorance nous désarme. (Luis)

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« Tout l’effort de la connaissance est de retrouver l’intelligible sans le voir, au-delà du sensible ». (Kant)

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« Aucun Dieu ne tend vers le savoir, ni ne désire devenir savant, car il l’est : or, si l’on est savant, on n’a pas besoin de tendre vers le savoir. Les ignorants ne tendent pas davantage vers le savoir, ni ne désirent devenir savants. Mais c’est justement ce qu’il y a de fâcheux dans l’ignorance, alors que l’on est ni beau, ni bon, ni savant, on croit l’être suffisamment. Non, celui qui ne s’imagine pas en être dépourvu, ne désire pas ce dont il ne croit pas devoir être pourvu ». (Le Banquet)

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Socrate à Phèdre : « Or je sais bien, en tout cas, qu’aucune de ces idées ne vient de moi, car je suis conscient de mon ignorance. Reste donc je suppose, cette explication : par les oreilles, je me suis rempli de quelque  de sommes étrangères, à la façon d’une cruche… » (Platon. Phèdre)

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«  La curiosité de connoistre les choses a été donnée aux hommes pour fleau, dit la saincte parole » (Montaigne. Essais. L III. § XVII)

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« J’ignore même ce que j’ignore » (St Augustin. Les confessions. Livre XI, § XXV)

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Un américain Kim Peek vit à Salt Lake city, il se rappelle par cœur et mot pour mot d’au moins douze mille livres. Mais ce même personnage qui a cinquante ans vit avec son père et est incapable de s‘habiller seul, incapable de se faire à manger. Il semble que ces individus  payent en quelque sorte le prix d’une telle mémoire puisque d’autres fonctions intellectuelles leur sont inaccessibles. Un autre savant, Stephen Wiltshire, après avoir survolé pendant quarante cinq minutes Rome, qu’il ne connaissait pas, est capable de dessiner de tête chaque maison avec le nombre exacte de fenêtres. (Luis) 

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« Qu’en est-il si cet homme là se donne mille peines pour la gymnastique, où s’il mène grassement sa vie, sans avoir de contact ni avec la musique ni avec la philosophie ? [….] Même s’il avait en son âme quelque envie de s’instruire, ce serait en vain. Le fait de n’avoir à aucune connaissance, ni à aucune recherche finit par rendre sourd et aveugle. La vie se passe dans une ignorance et une sottise qu’accompagne un manque d rythme et de grâce » (Platon. La République, III, 441 d-e)

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« Depuis que « CURISITAS » a perdu son sens diabolique, depuis le XVIème siècle où elle a acquit des lettres de noblesse conquérante, le savoir a été synonyme de liberté. Et donc de maîtrise de soi. Le savoir doit permettre d’être heureux – […..] le savoir permet d’exorciser la peur en écartant les superstitions… » (Jean –Robert Armogathe. A quoi sert le savoir. Œuvre collective. Puf 2011)

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« Le savoirn’est pas une croyance, il ne résulte pas d’une vérité révélée et crue, mais d’une vérité conquise ». (Georges Ballandier. A quoi sert le savoir. Œuvre collective. Puf 2011)

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Grâce à la science on sait tous que l’eau bout à cent degrés. Ce n’est pas pour autant qu’on sait faire cuire un œuf à la coque. (Luis)      

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« L’histoire de l’occident au cours des siècles derniers pourrait être lue comme une réponse à la question « A quoi sert le savoir, » : Le savoir rend puissant ; il ne rend pas bon. Le savoir a transformé radicalement la vie humaine, son rapport au temps, à l’espace, à la nature. Mais les hommes des Lumières avaient tort – le savoir ne s’est pas accompagné de progrès moral. Le savoir n’est pas nécessairement assorti à son usage réglé. Leçon amère qui contraint à reconnaître, non que le savoir ne sert à rien, mais qu’il ne suffit pas au progrès social et moral.

Certains prétendent que le savoir ne sert qu’à reproduire de la richesse économique et sociale, toute autre type de savoir étant vain et inutile, un luxe  que ne peuvent plus  se permettre nos sociétés… »  (Monique Canto-Sperber) (A quoi sert le savoir. Œuvre collective. PUF. 2011)

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« Il y a deux façon de considérer le savoir comme moyen ou comme fin » (André Comte Sponville. A quoi sert le savoir. PUF)

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 « A la suite de Condorcet, le projet progressiste d’instruction des peuples a fait du développement et de la diffusion du savoir un instrument d’émancipation des individus ». (Philippe Conrad. A quoi sert le savoir. Page 111. PUF)

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« Les gestes des femmes qui savaient laver et plier les draps, vider du poisson et peler les légumes, faire manger et soigner les enfants : le savoir dans ma mémoires concrétise d’abord dans tous ces gestes qui perpétuent un savoir faire, qui sont la mémoire vivante des tâtonnements et des perfectionnements de plusieurs générations. Ils représentent la transmission de ce qui aide à vivre. Ils assurent la continuité de l’espèce. Le savoir, c’est ensuite la connaissance du monde qui nous entoure, les outils qui le mesurent et qui l’adaptent  à nos besoins, les repères qui nous aident à nous y retrouver…. [….]  Parmi les connaissances traditionnelles du quotidien, il y avait les livres de cuisine et dans ces vieux livres passés de mains en mains aux charnières fatiguées et aux pages jaunies, parfois détachées, il y avait des notes manuscrites dans les marges, de génération en génération, pour nuancer l’imprimé, pour le compléter et l’adapter aux situations particulières. Pour se souvenir d’un plat particulièrement à tel anniversaire  » (Michel Delon. A quoi sert le savoir. Page 123/124. PUF)

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« Bien des gens qui sont « plongés dans les livres », et qui possèdent à fond telle ou telle branche du savoir traditionnel ont, dès qu’ils quittent leur cabinet de travail, l’allure d’une vieille chouette, et se révèlent tous rêveux et rassotés dans les domaines plus intéressants et plus agréables de la vie » (Robert Louis Stevenson. Apologie des oisifs)

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« Aujourd’hui…On connecte à toute allure des milliers de documents numérisés à la hâte. Le savoirne sera plus » (Michel Delon. A quoi sert le savoir. Page 124. PUF)

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« Un savoir utile est un savoir réinterprétable par les acteurs qui cherchent à agir dans une situation donnée…Un savoir réinterprétable est un savoir simplifié aux éléments essentiels,  donc un sentiment de maîtrise dans un univers sans ordre apparent, et dans lequel un danger comme une potentialité peut provenir aussi bien du Maghreb, que de Fukushima, du FMPI que de Lille, de la bourse de Shanghai…ou encore des indignés de Madrid. Un savoir se diffuse non pas seulement parce qu’il est vrai mais aussi par la capacité des acteurs à le transformer en fonction des cadres de leurs expériences, des contraintes de la situation et des usages possibles.

Produire un savoir vrai, en fonction d’une focale d’observation donnée et donc d’un savoir partiel, limité est fondé est à la portée de la plupart des explorateurs du savoir. A l’inverse les usages du savoir sont imprévisibles du fait même  de leur plasticité, du jeu sociale et  de la multiplicité des sens que les acteurs donnent à leur action » (Dominique Desjeux. A quoi sert le savoir ? Page 136. Puf)

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«  Le théologien et cardinal Pierre Damiens qui sera canonisé nous dit : « …ce sont les démons qui ont infusé en nous le désir de savoir, et le propos de se lancer dans les arts libéraux et les études de philosophie. Au reste, si Dieu avait jugé la philosophie nécessaire à notre salut, c’est des philosophes qu’il nous eût envoyé…. » Dans son traité Que le seigneur soit avec nous, il déclare : « Platon ? Je le recrache ; Pythagore ? Je n’en fais pas cas. Euclide ? Je le congédie de même ». (On lui doit cette formule) : « si le chrétien tient absolument à épouser cette vulgaire servante (la philosophie) il doit la traiter comme le prescrit la Bible à propos des captives : qu’au préalable il lui rase les cheveux, et lui rogne les ongles » (Histoire de la pensée médiévale d’Homère à Jeanne d’Arc. Tallendier 2009)

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 « Le savant sait qu’il ne sait rien, ce qui le frustre, tandis que l’ignare ignore et croit donc qu’il sait quelque chose, ce qui le satisfait. D’où, la notion d’imbécile heureux qu’on fait mine parfois d’envier. En réalité, personne n’accepterait « le marché de devenir imbécile pour devenir content »comme l’a bien dit Voltaire. C’est donc que le savoir procure quelque chose que le bonheur ne peut offrir.

La satisfaction de répondre à une question, la griserie de la découverte. Pour certains d’entre-nous, le savoir ne relève pas du champ de l’utilité, mais de la nécessité. Il y a un besoin de savoir, qu’on appelle la curiosité, et que certains ressentent avec le même impératif qu’un besoin de respirer ou de s’alimenter. Un besoin créant parfois un état de dépendance. La savoir peut être une drogue, une course sans fin »  (Jean-Baptiste Jeangène-Vilmer. A quoi sert le savoir. Page 171. PUF)

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« Le savoir, une nécessité ? Comment ça marche ? – se limite t-elle,  à celle de savoir sur quel bouton appuyer et dans quel ordre. Et pourtant, pour pouvoir concevoir puis fabriquer les gadgets qui nous entourent, pour qu’ils marchent, il faut du savoir scientifique et technique, savoir devenu outils, homo sapiens devenu homo faber » (Robert Kandel. A quoi sert le savoir ? Page 175. Puf)

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« Savoir c’est s’émanciper de la tyrannie du « il y a » ou du « c’est comme cela ». Et dans le savoir du pus humble au plus sophistiqué, est l’acte de cette émancipation » (Jean-François Kervégan. A quoi sert le savoir ? Page 181. PUF)

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« Le savoir est toujours un Janus bifrons : en matière de service, il est aussi bon qu’il est méchant, aussi utile qu’il est néfaste, aussi édificateur qu’il est destructeur. Bref, il le meilleur et la pire des choses. Car, comme tout service et toute servitude, il dépend du maître qu’il sert… » (Blandine Kriegel. A quoi sert le savoir ? Page 184. PUF)

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« Le savoir fait voir le monde, lui donne sa contenance, sa cohésion et ainsi construit un récit de soi et des autres. ….Les savoirs ne sont pas des temps, mais des chantiers ; il faut les arpenter sans cesse, les reprendre, les transformer. Loin de devoir être contemplé, un savoir doit être critiqué. C’est son inachèvement qui le défini…Mais d’où procède le désir de savoir ? D’un côté, la possession du savoir est souvent la marque de la possession d’un pouvoir. ….Mais il y a pouvoir, et pouvoir. Pouvoir sur les autres, et pouvoir sur soi-même, exercice d’un gouvernement de la servitude, ou augmentation de sa puissance d’être. Le vrai savoir se moque du pouvoir…, Il ne vaut que s’il contribue à l’émancipation. Tel était le sens de la formule de Kant : « saper aude » (ose savoir) » (Guillaume Le Blanc. A quoi sert le savoir ? Page 193. PUF)

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« La réflexivité devant les situations, sous la dépendance de la matrice de savoir dont dispose l’individu : ses lectures, sa connaissance des œuvres de culture, sa qualité de pensée…Un savoir fondé sur le marketing ou sur Internet mal compris est une clé provisoire pour surfer à la surface des choses avant que la vague ne dépose l’individu démuni sur le rivage ». (David Le Breton. A quoi sert le savoir. Page 199. PUF)

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 « Il est toutefois un savoir qui permet de mieux vivre et de mieux apprécier ce monde qui nous entoure : le savoir sur soi-même, la patiente recherche de sa propre histoire et celle de ses proches, le sens caché de ses rêves ou des incidents de sa vie » (Alain de Mijolla et Marie Petton. A quoi sert le savoir. Page 221. PUF)

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« Les grands maîtres de notre tradition humaniste, comme Rabelais ou Montaigne, nous ont appris que le savoir, »ça sert d’abord à former le jugement », et qu’une tête bien faite vaut mieux qu’une tête bien pleine. A deux siècles de distance, le prince Talleyrand, qui s »y connaissait, distinguait clairement le savoir, le savoir-faire, et le savoir-vivre » (Thierry de Montbrial. A quoi sert le savoir. Page 227. PUF)

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«  Médée sait qu’arrivent les Argonautes et, magicienne, elle détient le savoir de l’avenir. Elle voit que son amour pour Jason va la pousser au crime, qu’elle trahira sa famille pour lui donner la « Toison d’or » ; et une longue suite de meurtres va s’enchaîner attirant la malheur et l’exil sut tous et sur elle-même, jusqu’à l’assassinat de ses propres enfants. Elle le sait, et la raison lui conseille de ne pas céder à cette passion. Grâce à ce savoir elle  pourrait échapper aux maux qui l’attendent. Mais ce savoir ne lui sert de rien. Elle le dit lucidement : « malgré moi, je succombe sous le poids d’une force nouvelle. La passion me conseille une chose, la raison une autre. Je vois le meilleur et je l’approuve, et c’est le pire que j’accomplis »  (Pierre-François Moreau. A quoi sert le savoir. Page 231. PUF)

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 Le savoir de ceux qui participent à des jeux télé ou radio me surprend toujours. Je les admire, mais je ne les envie pas forcement. C’est un savoir encyclopédique, utile pour gagner quelque agent dans un jeu. Pour moi,  je vois là des tonnes de connaissances inutiles qui pourraient encombrer mon esprit. Tout connaître sur le sport, et pouvoir répondre, par exemple à toutes les  questions concernant des séries télé américaines, et de plus question classées « culture générale » cela m’interpelle. Aye ! pour la culture ! (Luis)  

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Introduction au débat :       « Avoir, savoir, pouvoir, que choisir ?»           27 janvier 2007

A ces trois termes nous aurions peut-être du ajouter d’emblée le terme vouloir, car il est lié aux précédents. Récemment le plus haut magistrat de la République nous servait cette lapalissade : « Quand on veut, on peut » ! Et nous venons de voir lors du Forum social international de Nairobi  les  personnes qui, dans un des plus grands bidonvilles du monde (à Nairobi), survivent en cherchant leur nourriture sur les tas d’ordures ; que peuvent-ils vouloir?  Ce qu’ils savent c’est qu’ils sont pauvres, qu’ils sont appelés à la rester, sans savoir, sans pouvoir, sans vouloir, et qu’ils ne peuvent choisir. Nous pouvons feindre de l’ignorer, mais, savoir, laisse en nous un questionnement, « Il y aura toujours quelque part un chien malheureux qui m’empêchera d’être totalement heureuse » fait dire Jean Anouilh à l’un des ses personnages. C’est bien parce que le  « non savoir » l’ignorance  maintient  des populations dans la misère que les Pères de l’école républicaine se sont battus pour « le Savoir », qui redonnait au peuple du pouvoir ; pouvoir de participer à la vie sociale, et parfois d’avoir parfois satisfaction dans la volonté de progrès social.

Le savoir est une richesse, ne nous laissons pas déposséder du savoir, sinon, toujours un groupe d’hommes conjuguera savoir et pouvoir  pour soumettre, et pour posséder, « Verbe avoir ».Ceux qui savent le mieux conjuguer le verbe avoir, sont ceux qui également vont détenir le pouvoir de faire savoir ce qu’ils veulent faire savoir, d’où la possibilité de manipuler, « nous avons conscience de savoir ce que nous voulons , mais nous ne connaissons pas toujours les raisons et les causes qui amènent à ces vouloir  (Kant).C’est un rôle humaniste de veiller, d’accompagner à ce que : Savoir, Avoir, Pouvoir, soient équitablement répartis. (Luis)

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« On demande souvent aux « sachants » d’être utile et de nous dire ce qu’il faut faire » (Bruno Palier. A quoi sert le savoir. Page 247. PUF)

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 « Il est raisonnable de penser que la multiplication des machines informationnelles affecte et affectera la circulation des connaissances autant que l’a fait le développement des moyens de circulation, des hommes d’abord (transports), des sons, des images ensuite (médias).

Dans cette transformation générale, la nature du savoir ne reste pas intacte » (Jean-François Lyotard. La condition postmoderne. Page 12/13. Edition de minuit)

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Le savoir est dit-on, le nouvel or noir, l’or noir du 21ème siècle. Cet or noir se sont les data, ces milliards d’information sur notre mode de vie, nos activités, nos goûts, etc…

« Le savoir est, et sera un enjeu majeur, peut-être le plus important dans la compétition mondiale pour le pouvoir. Le savoir en se transformant en système d’information est devenu mesurable, marchandisable.., voilà comment nos sociétés de parole, parole qui constitue depuis le début les fondements de la démocratie, tendent de plus en plus à se transformer en sociétés de l’information » (Jean-François Lyotard. La condition postmoderne. Page 15. Editions de Minuit)

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«  Ce n’est pas ce que pensent la plupart de ceux qu’on rencontre, on a beau les instruire, ils ne savent pas encore qu’ils se figure savoir » (Héraclite)

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« L’ignorance qui estoit naturellement en nous, nous l’avons par longue estude, confirmée et avérée. Il est advenus aux gens véritablement scavans ce qui advient aux espics de bled : ils vont s’eslevant et se haussant, la teste droite et fière, tant qu’ils sont vuides ; mais quand ils sont pleins et grossis de grain en leur maturité, ils commencent à s’humilier et à baisser les cornes. Pareillement les hommes… » (Montaigne. Essais. Livre 2. § XII)

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Je me pose aussi la question : à quoi sert d’apprendre puisque je vais mourir. Mais si je me contente de mon maigre savoir, si je ne vais pas vers de nouvelles connaissances, alors je me sclérose, mon langage ne va plus se renouveler, mes références resteront les mêmes, je risque de me répéter sans cesse.

« Si tengo que morir, poco me importa aprender, si no puedo aprender, poco me importa vivir »

« Si je dois mourir, peut m’importe d’apprendre. Si je ne peux pas apprendre, peur m’importe de vivre ».  (Antonio Machado)

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« Ces historiens fabuleux ne sont pas contemporains des choses qu’ils écrivent. Quatre cents ans après, les témoins des choses ne sont plus vivants ; personne ne sait plus par sa connaissance si c’est une fable ou une histoire ; on l’a seulement appris des ancêtres, cela peut passer pour vrai. Toute histoire qui n’est pas contemporaine est suspecte » (Pascal. Pensées. 628-436)

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En étudiant l’ « incomplétude cognitive qu’est la curiosité, les chercheurs (en neurosciences) ont montré qu’on retrouvait des mécanismes neuronaux semblables à ceux de l’appétit  de nourriture […] Dès lors l’expression : j’ai soif de savoir » (Gérald Bronner. Apocalypse cognitive)

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